Dark.Ginger (dark_ginger) wrote,
Dark.Ginger
dark_ginger

J’ai hurlé

Aujourd’hui je viens de passer ma journée à hurler, du grand du vrai putain de cri primal, du genre qui défoule bien sauf que ce putain de cri il n’a jamais franchis mes lèvres, il est resté bloqué quelque part. Je hurlais dans ma tête.

J’ai crié quand nous sommes arrivés chez mon oncle et ma tante, j’ai crié lorsqu’on a attendu qu’il soit l’heure de partir. Lorsque je les ai salué je n’ai rien dit, pas de bonjour, pour moi bon jour veux dire "BON jour" et non pas "Ô quelle belle journée tata/tonton si on enterrait votre fille ainée?" et "Tiens mes cousines si on allait balancer des fleurs sur le cercueil de votre sœur?". Le bonjour je le sentais pas il m'est restée en travers de la gorge, j'ai préférer ne rien dire.
Y'a une vil pendule qui avais décidé de tourner au ralenti, on parlait banalités, ma petite cousine regardait midi les zouzous j'ai regardé midi les zouzous avec la fin d'Ivanhoé et Olive et Tom le retour… en entier lui… C'est long un épisode.
Elle m'avait dit que je verrais sa chambre une fois finie, je l'ai vue… c'est un belle chambre, vide mais belle, le papier peint, les peintures, la moquette… tout est sympa et me rappelle les tonalités de la mienne dans un style néanmoins différent. L'armoire est quasiment le même modèle que la mienne sauf qu'elle est argenté le meuble de pc est très sympa. Une belle chambre neuve… une chambre vide….

Le trajet jusqu'à l'IML à été bref, trop bref, on était en avance. Encore attendre.
Ma tante qui commence à craquer et moi qui commence à avoir envie de pousser un putain de cri. L'IML c'est génial paumé à côté de gare de Lyon entre la voie Gorges Pompidou et les rails de la ligne 5, génial on a le choix entre les vrombissements des voitures, les klaxons des poids-lourds et en bonus toutes les deux minutes une rame de métro passe sur le pont métallique… "Rest In Peace" comme ils disent…

Enfin on rentre. Celui qui a dit qu'un mort à l'air de dormir s'est foutu le doigt dans l'œil et profond, sacrement profond, tellement profond que si je le croise je lui casse la gueule comme ça par plaisir. Un mort ça n'a pas l'air de dormir, il suffit d'un coup d'œil pour se rendre compte que la personne ne dort pas, et pour se rendre compte que l'espoir irréel de découvrir sur place que tout ceci n'était qu'une vaste mascarade se barre encore plus vite qu'il n'est arrivé.
Un mort ça a l'air mort et ce n'est pas du au fait qu'on ne puis constater aucun mouvement de poitrine, aucun tic de visage. C'est je ne sais trop quoi, peut être dû au produit d'embaument qui empêche la décomposition de la peau trop rapidement mais qui perso m'a fait penser à un sorte de cire, comme au musée Grévin, sauf qu'on dirait que la peau pèle… C'est ces yeux fermés mais fermé de manière non naturelle ce qui fait que je me demandais s'il y avait encore des yeux dans les orbites…
Oui, parce que perso pendant que je la regardais au lieu de me dire à quel point c'était injuste et cætera, je me demandais plutôt si les coutures de l'autopsie était des grosses coutures apparentes comme dans les films à la Frankenstein ou si c'était plus discret, je me demandais si lorsqu'ils ont pesés ses organes combien ils pesaient, si tous étaient normaux.
Je me demandais si le processus de décomposition avais commencé et ou il en était, et comment ils faisaient pour l'odeur…
Je me demandais comment ils avaient pu l'habiller avec la rigidité cadavérique avant de me rappeler qu'ils devaient probablement découper les vêtements pour les passer…
Enfin des questions techniques quoi, parce que les questions autres ça j'ai eu un putain de temps devant moi pour y penser et des putains de nuit et j'ai encore un sacré paquet de nuits à y penser.

J'avais ma cousine devant moi et à part le fait qu'elle était dans un cercueil comme bordée par la dentelle et le linceul, à part le fait que sur son visage y'avait comme de la cire ou alors du sel de mer qui sèche sur la peau et bien c'était bien ma cousine et elle avait l'air foutrement morte. Alors j'ai hurlé, j'ai hurlé comme pas possible, intérieurement mais j'hurlais et mes larmes coulaient. Je n'ai pas éclaté en sanglot, je n'ai rien dit, juste mes larmes qui coulaient lorsque je la regardais. Je sortais de la pièce, allais voir ma mère et mon oncle, ma tante, mon autre cousine, la seconde qui par les caprices de la vie vient d'être promue ainée…
J'allais les voir mais je retournais vite la voir, pas pour un hommage, pas par fascination morbide juste parce que j'en avais le besoin… besoin de la voir… pour y croire… et j'hurlais, j'hurlais. Je suis resté dans la pièce longtemps, j'y étais encore quand ils ont scellé le cercueil, j'y étais encore quand ils l'ont porté pour le mettre dans le corbillard et j'hurlais, j'hurlais et je ne voulais pas laisser ma cousine, pas la voir partir, parce que même une fois qu'ils ont eu refermé le cercueil, même en sachant pertinemment ce qu'est une autopsie et comment les organes sont découpés et pesés et bien même là, dans un endroit en moi, je refusais d'y croire…

Au cimetière ma tante a lâchée, on a été lui chercher une chaise, je l'ai aidée à marcher derrière le convoi, ma tante me faisait peur, ma mère aussi… Mon père et mon oncle soutenaient leurs femmes, ma seconde cousine semblait tenir le choc… Quand à moi je ne sais pas quelle tête j'avais en apparence mais intérieurement je hurlais à m'en arracher les poumons.

Sur le chemin on l'a vu… la Harpe, là mon hurlement a manqué de m'étouffer…
On a assis ma tante… juste devant les tréteaux, elle n'avait qu'à tendre le bras, vu imprenable sur le cercueil! Là j'ai commencé à penser que c'était long trop long, qu'il fallait que cela se termine maintenant et tout de suite, que les fleurs on s'en foutait pas besoin de les installer, pareil pour le cercueil, juste en finir!

Deux de ses amies ont jouée, du violon… heureusement qu'elles n'ont pas choisis la marche funèbre car là je leur faisais bouffer leur violon! La musique était bien jouée, le morceau probablement agréable, normalement j'aurais aimé, normalement j'aurais applaudis mais là j'avais juste l'impression que le temps rien que pour me faire chier avait décidé de stopper et que ce fichu morceau durait une éternité. On m'aurait collé un flingue sous la tempe je me serais sentie plus à l'aise, c'était une vrai torture pour moi…

Une fois le morceau fini la prof de harpe à pris la suite avec un autre qui jouais ou de la clarinette ou du hautbois enfin un instrument que je sais qu'elle jouait ou sinon dont elle avait joue, à part ça je me contrefous du nom c'aurait aussi bien pu être un triangle que je n'en avais rien à carrer tout ce que je voyais était cette putain de harpe!
La prof a commencer à jouer et là j'ai bien cru que ça y était que ce putain de cri allais sortir et que j'allais tout péter, que j'allais dégager les fleurs à  grands coups de pompe et cogner dans ce putain de cercueil jusqu'à… jusqu'à je ne sais pas quoi… je crois que même à ce moment ce fichu espoir était là, espoir que ce ne soit qu'un mauvais rêve, espoir d'entendre vite le réveil sonner… Le morceau à continuer et je ne sais pourquoi mais ce putain d'hurlement s'est calmé, j'ai arrêté d'hurler, j'ai écouté…

Puis le morceau à cessé, la magie aussi, un de ces ami a chanté et la j'ai maudit ma compréhension de l'anglais, parce que les paroles je les lui aurais faites bouffées au compositeur, parce que ces paroles elles étaient tellement vraies et parce qu'elles étaient vraie je les haïssais. Le hurlement est revenu, la rage aussi.

On avait eu un branche de mimosa à "déposer" dans le "caveau familial", tu parle d'un caveau familial aujourd'hui était la grand inauguration!

Avant "l'organisateur" avait lu un texte, un texte qui dit en somme "pensez a moi comme avant, continuer de m'aimer, je vis dans vos cœur et vous attends de l'autre cote", j'avoue qu'étant à un mètre du cercueil je le sentais pas trop comme ça et que mon approbation du texte ce n'était pas vraiment ça… Oui c'est un beau texte mais le coup du "je vous attends" alors là j'aurais pu éviscérer quelqu'un!
Parce que je ne sais pas si y'a une vie après la mort ou pas mais de ce côté ci je le ressens pas vraiment "happy days", oui il faut continuer à vivre, oui j'ai pas l'intention de l'enterrer aussi dans mon cœur mais penser qu'une fois qu'on aurais tous crever on se retrouver dans les prairie éternelles à gambader et folâtrer c'est pas vraiment le truc à me dire, parce s'il y a rien on est pas dans la merde et parce que je suis une grande méchante cynique les "happy ends" c'est pas mon truc et jusque là la vie me donne raison…

Après le passage devant le caveau ma tante à du se rassoir, ma mère m'as dit que le choix était "pas de condoléances mais un registre"… il aurait fallu le dire aux gens car plus de 90% d'entre eux sont venus les présenter leurs condoléances… Je voulais rejoindre mes parents, ma seconde cousine et le reste de la famille mais je n'osais pas laissais mon oncle et ma tante seuls, ma tante me faisais peur et je craignais qu'elle ne s'évanouisse…

Pendant tous l'enterrement j'entendais le bruit des camions, et des voitures parce que le cimetière est situé au pied de l'A86, là aussi "Rest In Peace"…

On est rentrés chez eux, la famille était là, cela fait bizarre, une partie était brouillé ils sont venus, l'autre partie la dernière fois que je les ais vu c'était à l'enterrement de mon oncle… on se voit à chaque enterrement quoi… j'ai tenté de mémoriser leurs visages car à part mon cousin et ma tante que je reconnais, même si mon cousin à changer, je ne reconnaitrais pas mes deux grandes cousines si je les croisais dans la rue…

Nous sommes rentrés, j'ai cuisiné. Mes parents ont regardé une comédie, je suis restée devant le pc. Et là je n'arrive pas à dormir, j'ai un besoin d'écrire, besoin de me libérer du poids de cette journée, de l'exorciser.

Ce n'est pas un besoin de reconnaissance, ce n'est pas un besoin d'avoir des commentaires de sympathies ou autres, non c'est juste pour moi, pour réussir à balancer ce putain de cri… ou à le ravaler…

Demain j'irais au sport, pour me vider et la tête et le corps, demain j'irais peut-être sur la tombe de mes grands-parents leur amener des fleurs… Cela fait presque 7 ans que je n'y ais mit les pieds, depuis l'enterrement de ma grand-mère…

L'enterrement était… bien, aussi bien que peut l'être un enterrement, et croyez moi mais avec une quinzaine d'enterrements à mon actif j'ai de quoi comparer! Je regrette de ne pas être allé voir les amis qui ont joué et chanté, juste pour leur dire merci. Ils étaient bien.
L'organisateur estime à 150 le nombre de personnes.
Elle était aimé et sa tombe abondamment fleurie en témoigne, il y a tellement de fleurs que toutes ne tiennent pas dessus. Mes parents y retournent demain pour enlever les emballages plastiques, pour qu'elles tiennent plus longtemps, les mettre dans l'eau… moi je serais au sports, espérant oublier ne serais ce qu'un instant que ma petite cousine que j'ai découverte il y a vingt ans dans son berceau et qui m'avait fait penser qu'un bébé c'était moche et tout fripé, que la petite cousine qu'un jour de réveillon j'ai convaincu de venir au salon en marchant là ou les adultes avaient échoués, que ma petite cousine avec laquelle je jouais a "Bibifoc" s'en est allée.

Nous avons trois ans de d'écart, j'en ai six avec la seconde, dix avec la dernière. Nous aurons toujours trois années de différences sauf qu'elle aura toujours vingt ans.
Le temps s'est arrêté et personne ne sais le relancer.

Alors merde quoi. Pour une connerie c'est une putain de belle connerie.

Voilà je poste cette entrée non pas en friend only mais en normal, juste sous cut. J'y ai réfléchi et ai décidé que je n'ai rien à cacher et surement pas ce que je ressens. Si quelqu'un de ma famille la lis et bien il la lira, et saura ce que j'ai pu ressentir de cette journée c'est tout. Je suis encore sous le coup de la journée et ce putain de cri ne veut pas sortir. Demain après avoir dormis si j'y arrive, je ne verrais peut-être pas les choses de la même manière mais là on peut dire que c'est sur le vif…

Il est 01:39 cela fait plus d'une heure que je tape et le sommeil ne vient toujours pas.
Je continue d'hurler mais il se fait étouffé, j'aimerais tant croire que je vais me réveiller… Encore espérer… J'ai toujours su, dès que ma mère m'a appelée je savais, mais j'avais cet espoir…
Je vais pas dire qu'il a totalement disparus mais juste que j'aimerais encore y croire, parce que je ne l'accepte pas je n'en ai pas envie…

Le style est décousus, il y a des fautes partout mais je m'en fous, cela m'a fait du bien c'est tout. C'est ma manière d'hurler.
Tags: famille, moi
Subscribe
  • Post a new comment

    Error

    Anonymous comments are disabled in this journal

    default userpic

    Your reply will be screened

    Your IP address will be recorded 

  • 2 comments