Dark.Ginger (dark_ginger) wrote,
Dark.Ginger
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Tendres Poupées

Tendres poupées aux joues usées,
A force de caresses et d'étreintes,
Vous qui furent tant aimées
Vous voici maintenant méprisées
Reléguées au fond du débarras
Là où le temps vous oublie
Vous voilà bannies.
Honte de celle qu'elle fut.
Haine d'une période révolue.
Rose était votre belle teinte
Grisâtre sera celle qui viendra.
Les larmes et les pleurs que vous avez essuyés,
C'est vous maintenant qui les versez.
Pauvres poupées abandonnées.
Oubliées dans un vieux carton,
Au milieu de pauvres chiffons.
Tendres poupées aux joues abîmées,
Par le temps qui vous maudit,
Pauvres poupées oubliées,
Témoins d'un lointain passé.
Celle qui vous aima grandit.
Et de sa mémoire vous chassa,
Pauvres poupées rejetées.
Pour qui le temps se figea.

Je ne sais pas pourquoi, j'avais cela en tête. C'est loin d'être génial et cela fait longtemps que je n'ai pas écrit mais bizarrement je n'en suis pas dégoûtée, je n'irai pas jusqu'à dire que j'en suis fière mais cela ne me déplait pas. Je m'attendais à pire.
C'est bête hein? Mais cela fait si longtemps que je n'ai pas écrit… D'ailleurs il faudrait que je me remette à The Crystal Wars. J'ai les idées, le scénario qui depuis des années se déroule dans ma tête mais pas le courage d'écrire… Et lorsque par hasard, rarement, je l'ai eu j'ai été incapable de retrouver mes brouillons. Hors il était dans ma table de chevet qui servait de support à bazar et ressert depuis peu de table de chevet… Faut juste que le courage me revienne et que je retrouve l'envie de tout taper sur Word car je l'avoue c'était cela qui me repoussait… Là je me demande si je ne commencerais pas à tout taper directement… Cela ne change rien au fait qu'il me faut tout de même du courage…

En écrivant ce petit poème sans prétention j'avais dans la tête une petite maison coquette avec un petit jardin et un garage, garage servant également de remise à carton poussiéreux et je voyais les poupées avec leur joli teint de porcelaine et leurs yeux grands ouverts, leurs yeux tournés vers le ciel et recouvert d'une pellicule opaque due à la poussière.
Je voyais une poupée de porcelaine avec de longue anglaise et une robe victorienne avec corset le tout d'un beau vert émeraude, et ses anglaises d'un roux pale. Et je voyais cette poupée au-dessus d'autres poupées toutes reléguées dans un carton.
Peut-être étaient-elles des poupées de jeux, où bien des poupées de collections que l'on caresse avec amour je l'ignore.
Je vois la poussière se déposer dans le carton qui est mal ferme, la poussière recouvrir les jolis visages, les beaux vêtements, tout devient de ce gris des objets qui ont vieilli abandonnés, oubliés dans un coin.
Je vois une petite fille qui baise le front de la poupée aux beaux atours verts avant de la déposer dans un carton, une dernière caresse et le carton se referme, une main de femme, peut-être la mère.
Je vois la poupée et ses yeux grands ouverts, je vois le carton se referme, la lumière diminuer jusqu'à ne plus filtrer que par un petit interstice.
Je vois les poupées voir ce carton se refermer, mais elles n'éprouvent pas de peur car elles ne sont que poupées. Je vois le carton être entreposé, près de la porte au début, puis de plus en plus relégués au fond du garage, je vois la lumière disparaître, on a posé un nouveau carton, je vois le temps qui passe, je vois les poupées dans leur cimetière de carton pour qui le temps s'est arrêté, elles ne prennent plus la poussière il n'y a plus d'ouverture.
J'entends la petite fille grandir, des cris, des jeux d'enfant, puis des rires gras d'adolescent, j'entends la musique, je sens les vibrations, j'entends le moteur d'une voiture, une fête lointaine probablement dans la maison.
Puis le silence, des voix de personnes âgées, un bruit de dispute, une porte qui claque.
J'entends des pleurs faibles et étouffés. Et à nouveau le silence.
J'entends des pleurs, des sanglots, nombreux. Le silence mais probablement plus court cette fois ci même si difficile à dire dans ce carton.
Je sens que le carton bouge, la lumière réapparaît. Brusquement il est inondé de lumière, mais les poupées ne sont pas éblouies, elles ne sont que poupées. Je vois un visage se pencher, un visage de femme, il pourrait ressembler a celle qui fut un jour petite fille, ou bien à l'autre femme celle qui ferma ce carton mais cela les poupées l'ignore, elles ne sont que poupées.
Je vois des mains qui se tendent vers la poupée verte, elle est sortie du carton pour la première fois depuis bien longtemps mais cela la poupée l'ignore, elle n'est que poupée.
Je vois un sourire apparaître sur le visage de cette femme alors qu'elle observe la poupée, je la vois s'agenouiller, je vois ses yeux s'embuer, je vois ses larmes couler. Bientôt les sanglots arriveront, et alors qu'elle pleurera toutes les larmes de son corps, une petite poupée fragile serrée contre elle, demandant pardon à qui à quoi? Peut être à la poupée, peut-être à la petite fille qu'elle fut et à la femme qu'elle est; la porte de la maison s'ouvrira et une petite fille arrivera.
Elle se dirigera vers cette femme tout de noir vêtue tenant cette poupée en ses bras et d'une petite voix dira : "Maman?".

Voilà ce que j'avais en tête en écrivant ce petit texte.
Tags: moi, poésie
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